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LE DROIT INDIVIDUEL A LA FORMATION
LA REFORME
Références
Code du travail


adherer recevoir
Impact du dispositif et Méthodologie de mise en œuvre

La loi du 4 mai 2004 crée une nouvelle modalité d’accès à la formation : le Droit Individuel à la Formation.

Ce dispositif permet aux salariés de se constituer un contingent d’heures de formation à utiliser à leur initiative, après accord de l’employeur sur le choix de l’action de formation.

La négociation entre l’employeur et le salarié sur le choix de la formation et les modalités de mise en oeuvre est un moment clé : elle peut permettre la mise en adéquation du projet individuel du salarié avec le projet de développement de l’entreprise et les priorités définies par l’accord de branche ou interprofessionnel.

L’entretien professionnel (cf. Outils transversaux 3 - édition différée), tel que défini dans l’accord général du 5 décembre 2003, peut permettre notamment de recueillir les projets du salarié sur l’utilisation du DIF et d’examiner leur mise en adéquation avec les projets de l’entreprise (cf. Outils transversaux 1). Sur le plan financier, le DIF a un impact certain qu’il est essentiel d’anticiper en prenant en compte différents paramètres : conditions de financement du coût pédagogique, réalisation des formations hors du temps de travail ou en tout ou partie pendant le temps de travail, maintien de la rémunération ou versement de l’allocation de formation,…


Etapes Des questions Aller + loin
1.
Connaitre les conditions de mise en oeuvre du DIF
Quelles dispositions précises régissent le DIF ( quels droits pour le salarié,quelles obligations pour l’employeur) ?
Quels sont les salariés concernés
Que se passe-t-il en cas de rupture du contrat de travail
Fiche 1 - DIF, mode d'emploi
Outil DIF 1 - Relevé annuel des droits
Outil DIF 6 -
Licenciement: clause à insérer dans la lettre de notification
(édition différée)
2.
Déterminer une stratégie à adopter vis-à-vis du DIF
L'entreprise choisit-elle d'anticiper la démarche du salarié en l'informant et en construisant un projet commun de formation intégrant le DIF?
Au contraire, opte-t-elle pour une gestion au coup par coup des demandes qui lui sont présentées par les salariés?
Fiche 2 - DIF, Mise en oeuvre du DIF: les options possibles
Outil DIF 2 -
Modèle de demande de DIF salarié
Outils transversaux 3 - Entretien professionnel (édition différée)
Outil transversaux 6 -
(édition différée)
3.
Cerner les possibilités de financement du DIF
Quel budget mobiliser?
L'OPCA peut-il optimiser les financements?
Quelles articulations possiblesavec le plan de formation, la professionnalisation?

Fiche 3 - Financement du DIF, tableau synthétique
Outils transversaux 4 -
Articulation Plan de Formation DIF/Période de professionnalisation
(édition différée)

4.
Maîtriser les règles de réponse à la demande d'un salarié

Dans quel délai donner une réponse?
Un refus est-il possible?
Comment rédiger la réponse?

Fiche 4 - Répondre à une demande de DIF: modalités & conséquences
Outils DIF 3
5.
Assurer la gestion administrative et financière des DIF
Organiser le suivi administratif et financier des DIF utilisés? Outil DIF 5 - Bilan physique, financier et pédagogique (édition différée)
6.
Présenter les conditions de mise en oeuvre du DIF au CE

Quels documents présenter?
A quel moment?
Quelles conséquences?

Outil transversaux 1 -
Consultation du CE



FICHE 1
DIF, mode d’emploi

Quels salariés ?
Tous les salariés en contrat à durée indéterminée. Les salariés en CDD ont accès au DIF à condition de justifier de 4 mois – consécutifs ou non – en CDD au cours des 12 derniers mois
(voir encadré “A savoir ! le DIF-CDD”).
! Tous les ans, l’employeur doit informer les salariés des droits acquis au titre du DIF (cf Outil DIF 1).

Comment calculer le DIF ?
•Le principe :
Les salariés en contrat à durée indéterminée à temps complet acquièrent tous les ans un quota de 20 heures (ou plus, si un accord collectif prévoit un contingent supérieur) et ce pendant 6 ans (soit un total de 120 heures).
! Les premières 20 heures sont acquises par les salariés présents dans l’entreprise depuis au moins 1 an, au 7 mai 2005.

À compter de la 7ème année et au-delà, tant que le salarié n’utilise pas son DIF, il conserve le quota acquis. En revanche, les heures utilisées viennent en déduction. Au fil des ans, le salarié reconstitue son contingent.

Par exemple…
En mai 2005, un salarié acquiert un premier quota de 20 heures.
Pendant 6 ans (soit jusqu’en 2010), il cumule ainsi les heures, sans jamais les utiliser, et atteint le plafond de 120 heures. En 2012, toujours doté de 120 heures de DIF, le salarié consomme 40 heures. Il lui reste donc 80 heures. En 2014, s’il n’utilise pas son DIF une seconde fois, ce salarié aura à nouveau atteint le plafond de 120 heures.

• Les cas particuliers :
- Les salariés à temps partiel :
le quota DIF est calculé au prorata de leur temps de travail et peut être cumulé pendant plusieurs années (6, 7, 8,… ans), sans pouvoir dépasser le plafond de 120 heures.

Par exemple…
Un salarié à mi-temps (17 heures 30/semaine) acquiert tous les ans [17,5/35] x 20 = 10 heures au titre du DIF. S’il n’utilise pas son droit, il atteindra le plafond de 120 heures en 12 ans.

- Les salariés en CDD :
le quota DIF est calculé au prorata temporis.

Par exemple…
Au cours d’une année donnée, un salarié a travaillé en CDD :
- 3 mois dans une entreprise A
- 2 mois puis 4 mois dans une entreprise B.
soit, dans l’année, 9 mois en CDD. Son droit au DIF est donc égal à [9/12] x 20 = 15 heures. S’il souhaite les utiliser, il doit s’adresser à l’OPACIF.

À savoir !
le DIF-CDD

Les salariés en contrat à durée déterminée (CDD) accèdent au DIF selon des modalités particulières :

• le DIF est acquis, au prorata temporis, à l’issue de 4 mois consécutifs ou non en CDD au cours des 12 derniers mois. L’employeur est tenu d’informer les salariés concernés des droits acquis,

• les frais (coût pédagogique, frais de transport et d’hébergement, allocation de formation) sont pris en
charge par l’OPACIF, sur le 1% CIF-CDD.

En revanche, le DIF-CDD est mis en oeuvre dans les conditions générales définies pour les salariés en CDI, c’est-à-dire :

• réalisation à l’initiative du salarié, en accord avec l’employeur sur le choix de l’action de formation,

• possibilité pour le salarié, en cas de désaccord prolongé avec l’employeur, de demander une prise en charge au titre du CIF,

• déroulement hors temps de travail (sauf accord collectif contraire),

• application des règles d’utilisation du DIF en cas de licenciement ou de démission.

Pour quelle formation ?
Le DIF s’exerce à l’initiative du salarié mais l’employeur doit donner son accord sur le choix de la formation.

! En cas de désaccord, le dialogue peut continuer. Mais si ce désaccord persiste pendant deux années civiles consécutives, le salarié peut présenter sa demande à l’OPACIF qui l’étudie au regard de ses critères. Si l’OPACIF accepte la prise en charge, l’employeur verse à cet organisme (cf fiche 4) :
- le montant de l’allocation de formation correspondant à la durée du DIF,
- les frais de formation calculés sur la base du forfait horaire applicable au contrat de professionnalisation.


La formation choisie doit relever de l’une des actions suivantes :
- définies comme prioritaires par accord de branche, d’entreprise ou interprofessionnel,
- de promotion, d’acquisition, d’entretien ou de perfectionnement des connaissances,
- actions qualifiantes.

Pendant ou hors temps de travail ?
En principe, la formation suivie dans le cadre du DIF se déroule en dehors du temps de travail. Le salarié perçoit alors l’allocation de formation (cf Outils transversaux 2)

Toutefois, un accord de branche ou d’entreprise peut prévoir que le DIF s’exerce en partie pendant le temps de travail. Le salarié perçoit alors sa rémunération habituelle.

! Est hors temps de travail, la formation qui se déroule pendant le temps non travaillé habituellement non rémunéré (le soir, le week-end,…) ou rémunéré (jours de RTT, congés payés…).

Le salarié quitte l’entreprise : que devient le DIF ?
Tout dépend du motif de départ :

• licenciement pour motif personnel (sauf faute grave ou lourde) ou économique.
Si, pendant le préavis, le salarié demande à utiliser son droit, les heures acquises au titre du DIF (et non utilisées) sont converties en allocation de formation (cf Outils transversaux 2). La somme correspondante doit permettre de financer tout ou partie d’une action de formation, de bilan de compétences ou de VAE.

! Les conditions de mise en oeuvre de cette règle doivent être précisées, au niveau national, par accord conclu avec l’UNEDIC.

! La lettre de notification du licenciement doit mentionner les droits dont le salarié dispose au titre du DIF (cf Outil DIF 6).

• démission
Le salarié peut demander à bénéficier de son DIF si l’action de formation, de bilan de compétences ou de VAE est engagée avant la fin du préavis.

• retraite, licenciement pour faute grave ou lourde : le DIF est perdu.







FICHE 2
Mise en oeuvre du DIF : les différentes options possibles

Le DIF est un droit du salarié : lui seul prend, ou non, l’initiative de l’utiliser. S’il en demande la mise en oeuvre, un accord de votre part, sur le choix de l’action de formation, est nécessaire.
NB : l’entretien professionnel, tel que défini dans l’accord général du 5 décembre 2003, peut être notamment l’occasion de planifier et d’anticiper les demandes de DIF des salariés.

Dès lors, vous pouvez :





FICHE 3
Financement du DIF : tableau synthétique


* cf fiche 1
** maximum 0,90 % pour les entreprises de 10 salariés et plus. Pour celles de moins de 10 salariés : maximum 0,25% en 2004 et 0,40 % en 2005.






FICHE 4
Répondre à une demande de DIF : modalités et conséquences

Le DIF s’exerce à l’initiative du salarié mais vous devez donner votre accord sur le choix de la formation. À défaut, le DIF ne peut pas être mis en oeuvre. Le salarié vous présente donc une demande (cf Outil DIF 2). Vous disposez d’un mois pour répondre. Attention, si ce délai n’est pas respecté votre accord est considéré comme acquis !

! Demande ou réponse : aucune forme n’est imposée. Mais compte tenu de l’existence d’un délai de réponse, il est impératif de rédiger la réponse et de l’envoyer au salarié par lettre recommandée avec accusé de réception ou de la lui remettre en main propre, contre récépissé.

Vous acceptez la demande

Vous communiquez, par écrit, votre décision à l’intéressé (cf Outil DIF 3) et établissez le budget prévisionnel, lequel inclut :
- le coût pédagogique,
- les frais annexes (transports, hébergement,…).,
- l’allocation de formation,
- le salaire chargé, si un accord collectif applicable à l’entreprise prévoit qu’une partie de la formation se déroule pendant le temps de travail.
Le salarié part en formation hors temps de travail. Pendant cette période, il perçoit l’allocation de formation (cf Outils transversaux 2) et bénéficie du maintien de la couverture accident du travail.

! le DIF peut se dérouler pendant le temps de travail si un accord de branche ou d’entreprise le prévoit. Dans ce cas, le salarié est rémunéré normalement et les heures de formation dépassant son horaire habituel de travail constituent des heures supplémentaires (complémentaires, si le salarié est à temps partiel).

À l’issue de la formation, sauf si vous avez pris au préalable des engagements spécifiques à l’égard du salarié, vous n’avez pas d’obligation particulière de prise en compte des connaissances acquises dans le cadre du DIF. Et bien sûr, vous déduisez du quota DIF acquis par le salarié avant son départ en formation, le nombre d’heures utilisé au titre du DIF (cf Outil DIF 5).

Vous refusez la demande
Vous n’êtes pas d’accord sur le choix de la formation présenté par le salarié : vous pouvez en discuter avec lui afin d’aboutir à un consensus. Mais vous devez, dans le mois qui suit la réception de la demande, lui adresser un courrier (par lettre recommandée AR ou remise en main propre contre décharge) lui signifiant votre refus (cf Outil DIF 4).

À noter !
Le choix de la formation suivie dans le cadre du DIF relève de la co-décision : employeur et salarié doivent aboutir à un accord. Mais, si pendant deux années civiles consécutives, un désaccord persiste, le salarié peut présenter son projet à l’OPACIF*.


* Organisme auprès duquel l’entreprise verse sa contribution CIF. Il s’agit le plus souvent d’un FONGECIF.