La loi du 4 mai 2004 prévoit, pour certains salariés en poste, un nouveau dispositif : la période de professionnalisation,
parcours de formation organisé en alternance.
Ce dispositif vise un double objectif : le maintien dans l’emploi et l’acquisition d’une qualification professionnelle
reconnue ou la participation à une formation dont l’objectif est défini par la CPNE.
Mise en oeuvre à l’initiative de l’entreprise ou du salarié lui-même (avec l’accord de l’employeur), la
période de professionnalisation répond à la fois à la nécessité pour l’entreprise de consolider la situation
professionnelle de salariés fragilisés et, pour les intéressés, de se maintenir ou d’évoluer dans l’emploi.
La couverture financière de la période de professionnalisation doit, quant à elle, tenir compte de différents
paramètres : conditions de financement du coût pédagogique, réalisation des formations pendant
le temps de travail ou en dehors du temps de travail, maintien de la rémunération ou versement
de l’allocation de formation,…
Afin d’optimiser
la construction et l’utilisation
de ce nouveau dispositif,
la prise en compte des étapes présentées ci-contre
est conseillée.
| Etapes |
Des questions |
Aller + loin |
1.
Connaître les conditions
de mise en
oeuvre de la période
de professionnalisation |
Quelles dispositions précises régissent le dispositif (qui
prend l’initiative, quelle durée, comment se déroule la
formation) ?
Quels sont les salariés concernés ?
Quelle est la position de votre secteur d’activité (accord
de branche ou interprofessionnel) vis-à-vis de la période
de professionnalisation ?
Quelle articulation avec l’entretien professionnel ? |
Fiche 1 - Période de professionnalisation,
mode d’emploi
Outil PP 1 - Modèle d’accord
employeur/salarié sur la formation
hors temps de travail
Outils transversaux 3 -
Entretien professionnel
(édition différée) |
2.
Déterminer une stratégie
vis-à-vis de
période de professionnalisation
dans
le cadre de l’approche
globale des dispositifs
existants |
Au plan interne : quel est le projet de développement de
l’entreprise ? Ses objectifs en termes de ressources
humaines, de gestion de la pyramide des âges ? Au regard
des salariés éligibles, quelle mise en oeuvre envisager?
Au plan externe : quelle est l’évolution du secteur professionnel
? Quels sont les changements technologiques
et organisationnels prévisibles ? Quelles sont les priorités
de financement de votre OPCA au titre de la période de
professionnalisation ?
L’entreprise prend-elle l’initiative d’engager une démarche
de professionnalisation des salariés concernés ou au
contraire, opte-t-elle pour une gestion au coup par coup
des demandes qui lui sont présentées par les intéressés ? |
Fiche 2 - Mise en oeuvre de
la période de professionnalisation
: les options possibles
Outils transversaux 5 -
Articulation VAE/DIF/période et
contrat de professionalisation
(édition différée) |
3.
Cerner les possibilités
de financement
de la période de
professionnalisation |
Quel budget mobiliser ?
L’OPCA peut-il optimiser les financements ?
Quelles articulations possibles avec le plan de formation,
le DIF ? |
Fiche 3 - Financement de la
période de professionnalisation,
tableau synthétique
Outils transversaux 4 -
Articulation Plan de formation/
DIF/Période de professionnalisation
(édition différée) |
4.
Présenter les conditions
de mise en oeuvre de la
période de professionnalisation
au CE |
Quels documents présenter ?
À quel moment ?
Quelles conséquences ? |
Outils transversaux 1 -
Consultation du CE |
Fiche 1
Période de professionnalisation,
mode d’emploi
Quels salariés ?
Pour quels objectifs ?
La période de professionnalisation est destinée aux salariés titulaires d’un contrat à durée indéterminée
relevant de l’une des catégories suivantes :
• salariés dont la qualification est insuffisante au regard de l’évolution des technologies et de l’organisation
du travail,
• salariés ayant au moins 20 ans d’activité professionnelle ou âgés de 45 ans et plus, avec au moins 1
an d’ancienneté dans l’établissement,
• salariés qui envisagent la création ou la reprise d’une entreprise,
• femmes après un congé maternité,
• parents après un congé parental,
• bénéficiaires de l’obligation d’emploi (travailleurs reconnus handicapés par la COTOREP,… ).
L’objectif ? Il est à la fois de :
• favoriser le maintien dans l’emploi,
• permettre l’acquisition d’une qualification reconnue (titre ou diplôme à finalité professionnelle, certificat
de qualification professionnelle, qualification figurant dans les classifications d’une convention
collective nationale de branche ou sur une liste établie par la CPNE de branche). À noter toutefois que
la période de professionnalisation peut également permettre au salarié de participer à une action de
formation dont l’objectif est défini par la CPNE de branche.
! La liste des qualifications accessibles dans le cadre de la période de professionnalisation ainsi que
les conditions dans lesquelles la CPNE définit les objectifs des formations éligibles sont fixées par
accord collectif.
Comment organiser la période ?
La période de professionnalisation est organisée en alternance : enseignements généraux, professionnels
et technologiques d’une part et acquisition d’un savoir-faire par l’exercice, dans l’entreprise, d’activités
en relation avec la qualification préparée d’autre part.
Les enseignements sont dispensés :
• soit par un organisme de formation dûment déclaré, après signature d’une convention de formation,
• soit par l’entreprise elle-même si elle dispose d’un service de formation.
Évaluation, accompagnement, formation : la durée et le rythme des actions mises en oeuvre dans le
cadre de la période dépendent de la qualification visée.
! Un tuteur peut être désigné par l’employeur pour accueillir et guider le bénéficiaire de la
période de professionnalisation.
Qui prend l’initiative ?
L’employeur ou le salarié :
• l’employeur peut décider d’organiser une période de professionnalisation au profit de tel salarié qui
- sauf formation hors temps de travail (voir ci-dessous) - ne peut s’y opposer,
• le salarié peut demander à bénéficier d’une période de professionnalisation, mais l’employeur n’est pas
tenu de l’accepter. En tout état de cause, l’employeur a la possibilité, s’il le souhaite, de différer la demande :
- dans les entreprises de moins de 50 salariés, si le départ en formation aboutit à l’absence simultanée
au titre de la période de professionnalisation d’au moins 2 salariés,
- dans les autres entreprises, si le départ en formation a pour effet de porter le nombre de salariés
absents au titre de la période de professionnalisation au-delà de 2 % de l’effectif de l’établissement.
Pendant ou hors temps de travail ?
Le principe : la formation prévue dans le cadre de la période de professionnalisation se déroule pendant
le temps de travail.
Toutefois, elle peut être suivie en tout ou partie en dehors du temps de travail - avec versement de l’allocation
de formation (cf Outils transversaux 2) :
- soit à l’initiative de l’employeur, après acceptation du salarié,
- soit à l’initiative du salarié, dans le cadre du DIF.
La durée de la formation organisée hors temps de travail est plafonnée : sur une même année civile,
elle est limitée à un contingent ainsi calculé = [quota DIF acquis par le salarié + 80 heures].
Par exemple...
- un salarié dispose d’un DIF de 60 heures : les heures de formation hors temps de travail organisée
dans le cadre de la période de professionnalisation ne peuvent dépasser [60 + 80] 140 heures dans
l’année civile.
- un autre salarié ne possède pas de DIF : les heures de formation hors temps de travail ne peuvent
excéder, dans l’année civile, 80 heures.
Lorsque la durée du parcours de formation excède le contingent hors temps de travail autorisé, les heures
correspondantes se déroulent pendant le temps de travail et donnent lieu au versement de la rémunération
habituelle.
Dans le cadre d’une formation organisée hors temps de travail à l’initiative de l’employeur ou du salarié,
lorsque le nombre d’heures de formation hors temps de travail excède le crédit DIF, l’employeur
doit signer avec le salarié, avant le départ en formation, un accord particulier (cf Outil PP 1) précisant :
• les modalités de la formation hors temps de travail,
• les engagements spécifiques de l’entreprise vis-à-vis du salarié. Ces engagements portent sur :
- les conditions d’accès du salarié, dans un délai d’un an à l’issue de la formation, aux fonctions correspondant
aux connaissances acquises,
- l’attribution de la classification conforme au nouvel emploi,
- la prise en compte des efforts du salarié (versement d’une prime,…).
Fiche 2
Mise en oeuvre de la période de professionnalisation :
les différentes options possibles
La période de professionnalisation peut être mise en oeuvre à l’initiative de l’employeur comme du
salarié (cf fiche 1).
Pour l’entreprise, le choix de ce dispositif doit répondre à une préoccupation : maintenir l’employabilité
de salariés fragilisés. Il peut s’agir par exemple d’adapter leur qualification (salariés en difficulté
d’ordre technologique ou organisationnel, salariés en reprise d’emploi après un congé de maternité ou
parental d’éducation), de faciliter le déroulement d’une seconde partie de carrière (salariés expérimentés)
ou de les préparer à une mobilité externe (salariés créateurs d’entreprise). Le tout par le biais de
l’acquisition d’une qualification professionnelle reconnue ou le suivi d’une action de professionnalisation
définie par la CPNE.
! La période de professionnalisation peut être également un moyen pour l’entreprise de remplir
son obligation d’adapter les salariés à leur emploi et/ou de soutenir le projet d’un salarié.
Dès lors, vous pouvez :
• soit planifier des périodes de professionnalisation en ciblant les salariés éligibles,
• soit réagir au coup par coup, à chaque demande de période de professionnalisation formulée par les
salariés.

* base de calcul pour déterminer la quantité d’heures susceptibles d’être suivies hors temps de travail.
Fiche 3 Financement de la période de professionnalisation
Tableau synthétique

* cf fiche 1
** maximum 0,90 % pour les entreprises de 10 salariés et plus. Pour celles de moins de 10 salariés : maximum 0,25% en
2004 et 0,40 % en 2005. |